« Toutes les blessures ne sont pas visibles »
Les 17 et 18 mars s’est déroulé à Berne le deuxième colloque national d’éducation sociale et pédagogie spécialisée sur le thème de l’éducation sans violence avec un focus sur les violences invisibles.
Les 17 et 18 mars derniers, le deuxième colloque national d’Integras s’est tenu à Berne sur le thème « Toutes les blessures ne sont pas visibles – des compétences pour une éducation sans violence ». Afin de répondre au plus près aux questions et besoins des enfants concerné·e·s, le concept du colloque a été élaboré avec la participation de Wanda Coelho, une jeune ayant vécu en foyer. Dans le contexte où le principe de l’éducation sans violence inscrit dans le CC entrera bientôt en vigueur, près de 130 participant·e·s se sont ainsi réuni·e·s pour réfléchir ensemble à comment implémenter le principe d’une éducation sans violence dans l’accompagnement quotidien d’enfant et jeunes, en portant une attention particulière aux formes de violence psychologique, souvent invisibles mais tout autant marquantes.
Première journée : violences invisibles
La première journée visait à approfondir les connaissances autour de ces violences invisibles et comment les professionnel·le·s peuvent mieux les identifier. Madame Sidler a ouvert le colloque en retraçant l’évolution de l’article et en clarifiant ce qu’englobe le concept d’éducation sans violence, notamment au regard des différentes formes de violence éducative et des critères permettant de reconnaître la violence psychologique. Dans la continuité, Madame Sorgo a présenté les conséquences et les manifestations de la violence psychologique chez les enfants. Les échanges ont abordé la difficulté de distinguer ces symptômes des troubles du comportement, tout en soulignant l’importance d’une collaboration interprofessionnelle en cas de suspicion de violence. Madame Cattagni et Madame Roman-Glassey ont ensuite approfondi une autre dimension de la violence psychologique, en exposant la réalité des enfants témoins de violence conjugale. Leur recherche, complétée par des témoignages d’enfants ayant participé à l’étude, a permis de présenter plusieurs recommandations pour les professionnel·le·s du terrain.
L’après-midi, les participant·e·s ont pu approfondir les thématiques du matin à travers plusieurs ateliers: accompagnement des mineur·e·s co victimes de violence conjugale en institution, conduite d’entretiens sensibles avec des enfants en situation de handicap cognitif, et lecture de signaux non verbaux chez les enfants en bas-âge et ayant vécu des violences.
La journée s’est clôturée autour d’un apéritif, marquant également le lancement des célébrations du 100ème anniversaire d’Integras.
Deuxième journée : éducation sans violence
La deuxième journée du colloque était consacrée à la mise en pratique d’une éducation sans violence dans le travail quotidien : comment éviter la reproduction de formes de violence au sein des institutions et foyers, et comment gérer les conflits de manière éthique et responsable.
Une discussion entre Madame Coelho et Monsieur Gabathuler a ouvert la journée, offrant un regard croisé entre passé et présent sur les expériences de vie des jeunes en institution, notamment les situations de conflit entre pairs ou entre jeunes et adultes. La matinée s’est poursuivie avec Monsieur Perret, qui a partagé ses réflexions sur ce qu’il faut pour impliquer les professionnel·le·s et les enfants dans la prévention du phénomène de harcèlement-intimidation entre pairs en milieu institutionnel.
Madame Gehrig a ensuite abordé la question de la gestion des violations des limites de la part des institutions et foyers, en exposant les facteurs de risque et en proposant des pistes de réflexion pour mettre en place des démarches de prévention, d’intervention et de suivi, à la fois durables, cohérentes et adaptées à réalité de chaque organisation.
L’après-midi, plusieurs ateliers thématiques ont permis d’approfondir divers enjeux : prévention des comportements défis chez les enfants avec un handicap intellectuel, stratégies de désescalade et protocoles de crise vus du point de vue des enfants concernés, ou encore présentation du programme national de prévention des violences entre jeunes et de renforcement des compétences psychosociales.
Le colloque s’est conclu par une table ronde avec la participation de Madame Bärtschi de la CDAS, centrée sur la responsabilité des cantons dans la mise en œuvre du principe d’éducation sans violence inscrit à l’article 302 du Code civil. Elle a rappelé le manque de ressources au niveau fédéral pour la sensibilisation, tout en soulignant la responsabilité partagée entre tous les niveaux de la société et le rôle essentiel de la société civile pour maintenir l’élan et veiller à ce que ce principe devienne une réalité dans chaque canton.
Merci à toutes et tous pour votre contribution au succès de ce colloque !
Toutes les présentations en français sont disponibles ici
Rendez-vous les 11 et 12 mars 2027 pour le prochain colloque national d’éducation sociale et de pédagogie spécialisée !
Informations complémentaires
- Protection de l’enfance Suisse :
- Education sans violence – Info et matériel
- Violence psychologique dans l’éducation -Fiche d’information pour les profesionnel.le.s
- Centre socio-pédiatrique (SPZ) Winterthur
- Rapport Cattagni&Romain-Glassey: « Expérience, ressources et besoins des enfants exposé·e·s à la violence dans le couple »
- Le livre « Das Kummerbuch » de Svenja Kerkeling: Lien
- Carol Gachet, GBM-psy et Tiziana Mazza
- Maria Mögel, babyundkleinkind
- Harcèlement-intimidation : Méthode de préoccupation partagée
- Andrea Gehrig GmbH
- Groupe des Practicien·ne·s des droits de l’enfant
- Radix. As de cœur


